19.03.2008
Les correspondants, sinistrés de la presse
Association interdépartementale des correspondants de presse
COMMUNIQUE DU 09/03/2008
Les correspondants, sinistrés de la presse
La mutualisation des résultats aux élections municipales a déclenché une colère sans précédent des correspondants locaux de presse. Mémoire d’un journal, ils sont pourtant oubliés, ignorés dans leur commune ou leur canton par leurs employeurs, mais aussi par les salariés et les journalistes, lesquels se sentent « différents » ou, au mieux, compatissants. Pendant ce temps, les CLP ont vécu une lente dégradation de leur condition au cours de ces vingt dernières années, dans l’indifférence générale.
Conséquence, réunis mercredi 5 mars 2008 à Allonnes (72), les correspondants locaux de Ouest-France et du Maine-Libre ont créé l’Association interdépartementale des correspondants de presse (AICP), à laquelle ont adhéré les syndicats de journalistes le SNJ-CGT, Sud culture médias et le SNJ. Au-delà de leur solidarité, ils joueront un rôle de soutien, d’intermédiaires, de médiateurs, de négociateurs… Signe d’un phénomène qui dépasse les frontières de la Sarthe, le président de l’Association des correspondants locaux de presse de l’Ouest s’est déplacé spécialement de Basse-Normandie en compagnie d’un autre membre. En s’inscrivant dans la liste des adhérents de la nouvelle association régionale, il inaugure un futur réseau plus développé.
« Au début, je gagnais de l’argent » résume un correspondant. « Aujourd’hui je suis au bord du gouffre. Nous ne sommes plus qu’une variable d’ajustement. » Le journal paie de moins en moins, les frais sont de plus en plus élevés (ordinateur, internet, voiture, appareil photo) et l’URSSAF absorbe une grosse partie des gains. « Si je veux cotiser à une caisse de retraite, il ne me reste plus rien.» Une nouvelle forme d’esclavage, masquée par de pseudo piges réduites à néant une fois les factures payées.
Ouest-France bat tous les records. Le point de rémunération s’élève à 0,99 € (kilomètres compris) en campagne et à 0,91 € en zone urbaine, sous prétexte qu’il y a moins de déplacements. Une photo légende vaut quatre points. « Un encouragement à ne pas se déplacer, puisque ça ne paie même pas l’essence. » Mais le délai de fraicheur peut également cacher un redoutable piège. Un papier de 60 lignes peut partir directement à la poubelle (rémunération= 0) ou être réduit à une légende à quatre points, sans que le secrétaire d’édition ne mesure les effets psychologiques ses actes.
« Globalement, c’est la négation du travail exigé par ailleurs sur le terrain, une dérégulation totale du travail, une installation sans état d’âme des gens dans la précarité. » On les traite comme des journalistes par intérêt, sans oublier de les maintenir dans un état chronique de Rmistes.
Le Maine Libre est comparativement privilégié, mais pour combien de temps ? Un article est payé entre 7 et 23 €uros selon son importance, photos et infos service 1,5 €. Les frais kilométriques sont remboursés 0,27 € le kilomètre jusqu’à 500 km et 0,13 au-delà, alors que les journalistes touchent 0, 372 €, comme si l’essence était plus chère pour eux. Si à Ouest-France ils n’existent plus, Le Maine Libre emploie encore des photographes correspondants. Ils touchent une pige journalière de 32 € pour un reportage à 54 € pour trois.
Les municipales aggravent leur état d’inégalité. Ceux du Maine Libre seront payé 30 €, qu’ils couvrent une ou trois communes. Ceux de Ouest-France se contenteront de 15 €, moitié moins. On avait juré promis aux correspondants du Maine Libre que leur mission se limiterait à collecter des résultats. On leur demande finalement d’ajouter des portraits photographiques des candidats, des déclarations, des échos… pour le même prix.
Le plus étonnant dans cette affaire, c’est que la presse régionale raconte régulièrement la misère humaine dans ses colonnes, sans voir celle qu’elle cautionne entre ses propres murs.
Alors, pourquoi un tel silence depuis des années ? Par peur ! Plus leur vie est précaire, moins les gens osent protester, par crainte de perdre le peu qui reste. A moins que le vase ne déborde à cause des municipales (ce que n’avaient pas imaginé les journaux), à moins que les journalistes ne sortent enfin de leur cocon pour leur tendre la main.
Les correspondants crient « stop ! » et exigent une négociation autour d’une liste de revendications transmises aux directions des deux journaux (la liste des revendications sera publiée ultérieurement). Si une rencontre n’a pas lieu dans les plus brefs délais, ils menacent très clairement de suspendre leur collaboration jusqu’à nouvel ordre.
Association interdépartementale des correspondants de presse (AICP)
Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT)
Sud culture médias
Syndicat national des journalistes (SNJ)
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16.03.2008
Communiqué de Sud culture médias
Trop, c'est trop
Les « Invisibles » de la presse quotidienne régionale du Grand Ouest ne veulent plus être pris pour des moins que rien par les directions des journaux dans lesquels ils interviennent désormais massivement.
Taillables et corvéables à merci, les correspondants locaux de presse (CLP) ont décidé de s'organiser. SUD Culture Solidaires et SUD PO Presse de l’Ouest soutiennent et s'associent au mouvement des correspondants et précaires de la presse quotidienne et rappellent que cette forme d'utilisation des compétences est totalement illégale au regard du code du travail.
Le groupe Ouest France, désormais propriétaire de presque tous les titres du Grand Ouest, a la capacité de mettre en oeuvre une politique sociale en accord avec ses principe rédactionnels. Bien au contraire, désormais, la pratique usuelle des responsables vise à ne considérer les collaborateurs des journaux que comme variable d'ajustement.
De plus en plus, les entreprises de presse mettent une pression inadmissible sur les plus fragiles de leurs collaborateurs. Les correspondants tout d'abord, méprisés, isolés, utilisés comme de la main d'oeuvre à bon marché pour réaliser des profits gigantesques. De plus en plus, une tendance lourde se dessine : le terrain aux correspondants, le bureau aux journalistes qui deviennent ainsi du personnel d'encadrement à moindre frais. Au mépris le plus souvent de la qualité de l'information.
Ensemble, exigeons
- Une augmentation générale des tarifs de correspondance, un forfait télécommunication (téléphone, accès Internet), la fourniture du matériel informatique et de prise de vue, des frais de route identiques à ceux des journalistes titulaires (les kilomètres sont les mêmes pour tout le monde, le prix du carburant aussi).
- L'abrogation de la loi de 1993 sur les correspondants locaux de presse qui leur dénie tout statut de salarié et les oblige à être « travailleur indépendant » (ce qui n'est pas le cas puisqu'ils reçoivent leurs « ordres » d'un employeur).
- Une refonte générale du cadre d'utilisation des CLP
- La professionnalisation des personnels précaires
- Une revalorisation des salaires des jeunes journalistes
SUD Culture Solidaires et SUD PO Presse de l’Ouest s'opposent également fermement à toute volonté de mutualisation de la source et du traitement de l'information des quotidiens des Pays-de-la-Loire. Nous exigeons une véritable indépendance rédactionnelle des équipes en place.
Le 15 mars 2008
Contact : jmleroyfr@free.fr
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12.03.2008
L'empire Ouest-France à la loupe
Le Groupe SIPA Ouest-France s'est constitué autour du quotidien régional Ouest-France, premier quotidien français depuis 1975. Il regroupe aujourd'hui 4 autres quotidiens régionaux, une société multimédia, une quarantaine d'hebdomaires locaux, un puissant groupe de presse gratuite, une maison d'édition de livres, une régie publicitaire, une télévision locale, une radio locale, une régie d'affichage publicitaire, etc.
Le chiffre d'affaires du groupe est de 1,12 milliard d'euros (1,002 en 2005). Son bénéfice est de 1,7 million d'euros (33,8 en 2005).
Presse régionale et thématique
Vaisseau amiral du groupe, le quotidien Ouest-France entraîne dans son sillage quatre autres quotidiens régionaux, dont la diffusion totale payée est de 1 000 000 d'exemplaires (2005). Il faut y ajouter une quarantaine d'hebdomadaires locaux par le biais de sa filiale Publihebdos, dont la diffusion globale avoisine les 350 000 exemplaires. Le groupe de presse breton édite également divers magazines comme le mensuel Voiles et Voiliers.
L'extension du groupe dans la Presse Quotidienne Régionale s'est faite à travers une série de rachat :
- février 1990 : le quotidien normand La Presse de la Manche (Cherbourg)
- décembre 2005, 3 quotidiens du pôle Ouest de la Socpresse : Le Courrier de l'Ouest (Angers), Presse-Océan (Nantes) et Le Maine libre (Le Mans), regroupés aujourd'hui dans la société Les Journaux de l'Ouest. La transaction a atteint 76 millions d'euros, selon les syndicats.
Le groupe est aussi actionnaire minoritaire d'un quotidien polonais catholique, Tygodnik Powszechny, dont le siège est à Cracovie.
Presse gratuite
A cela s'ajoute une participation majoritaire dans l'important groupe de presse gratuite Spir Communication qui édite les journaux de petites annonces Top Annonces, Logic Immo ainsi que le le quotidien gratuit d'information 20 minutes pour la dont il détient 50% du capital de l'édition française.
Multimédia
Les sites internet du quotidien sont en pleine croissance (+ 50% de fréquentation en 2006). Leur chiffre d'affaires s'élève à 7,3 millions d'euros en 2006 (5,8 en 2005). Il est édité par une filiale dédiée : Ouest France Multimédia qui développe au plan national le réseaux de sites Maville à travers des collaborations avec d'autres groupes de presse régionaux et notamment Nice-Matin.
Ouest-France Multimédia existe depuis 1986, filiale créée à l'occasion de l'invention du minitel, sous le nom de TC Multimédia. De 4 salariés à son origine, Ouest-France Multimédia regroupe aujourd'hui plus de 60 personnes, et réalise en [(2006]] près de 8 millions d'euros de chiffre d'affaires. La totalité des produits vendus sont commercialisés par Precom Multimédia, filiale de Précom et OuestFrance Multimédia.
Autres activités
Le groupe Ouest-France possède encore dans son giron une maison d'édition de livres (Édilarge), une régie publicitaire (Précom), une société d'affichage , une station de radio présente dans les grandes villes de l'Ouest (Hit west) et des chaines de télévisions locales dont Nantes 7, Angers 7 et une participation dans TV Rennes 35.
Le groupe Ouest-France existe légalement à travers la société Sipa (Société d'investissements et de participations), détenue elle-même à 99,97% par une association de type loi de 1901, créée en avril 1990, l'Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste, que préside Jacques Duquesne. Son PDG est François-Régis Hutin. Il est assisté depuis l'été 2006 de Louis Echelard, directeur général de la société Sipa, bras financier du groupe.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Ouest-France
18:05 Publié dans Infos diverses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.03.2008
Communiqué de la section SNJ du Maine Libre
Non à la mutualisation de l’information !
Un journal se distingue d'un autre par ses choix rédactionnels et grâce à son identité propre, visible à travers le style qu'il dégage. Autre garantie de pluralité pour les lecteurs, le jeu de la concurrence. Tant que ces deux conditions sont remplies, l'information reste libre et diversifiée.
Lorsque le groupe SIPA-Ouest France a racheté Le Maine Libre, ses dirigeants s'étaient engagés à respecter l'indépendance rédactionnelle des deux quotidiens sarthois Ouest France et Le Maine Libre. Et l'esprit de concurrence existe toujours. Il suffit aujourd'hui d'ouvrir les deux titres pour s'en rendre compte.
Mais la tentation de mutualiser les informations est trop grande. Elle apparaît aujourd'hui à l'occasion des élections municipales. Les correspondants locaux de presse, chargés de récolter les résultats, ont été invités à travailler pour le concurrent. Autrement dit, les collaborateurs du Maine Libre travaillent pour Ouest France et ceux de Ouest France pour le Maine Libre.
On fait comme si les résultats des élections n'étaient pas de la matière rédactionnelle à part entière et comme si leur collecte relevait d'une simple opération technique. On s'infiltre en douce dans les rédactions en contournant l'obstacle, comme s'il s'agissait d'une simple formalité.
Les journalistes et les correspondants disent non à cette mutualisation, mise en place dans le seul but de réaliser des économies, car elle est inquiétante pour l'avenir de l'information et inquiétante pour la liberté de la presse? Que se passera-t-il demain? Un réseau unique de correspondants? Un seul journaliste pour couvrir les matchs de football ou pour assurer les comptes rendus de conseils municipaux ou des audiences de tribunaux?
Non à la mutualisation dans les rédactions, oui à la diversité de l'information et au libre choix pour les lecteurs, gages de démocratie.
La section SNJ du Maine Libre
8 mars 2008
09:19 Publié dans Infos diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.03.2008
Un œil dans les coulisses des journaux avant les élections
Ce vendredi 7 mars 2008, la chaîne de télévision locale du Mans "LMTV Sarthe" a consacré un reportage aux préparatifs des élections dans les rédactions mancelles de Ouest-France et du Maine-Libre. On apprend notamment que Le Maine-Libre sera tiré à 70 000 exemplaires lundi (20 000 de plus qu’en temps ordinaire) pour publier les résultats essentiellement recueillis par nous les correspondants locaux, "les petites mains de la collecte".
Autre information importante : l’ouverture d’un site internet par Le Maine-Libre dès dimanche !
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04.03.2008
Réunion des correspondants ce mercredi 5 mars 2008 à Allonnes (72)
Une dizaine de jours après sa naissance, le collectif des correspondants locaux de Ouest-France et Le Maine-Libre a d’ores et déjà recueilli de nombreuses réactions. Le mouvement commence ainsi à prendre tournure !
Il y a du pain sur la planche. Le premier chantier concerne les élections municipales. Face au manque cruel de transparence de la part des deux journaux, une réunion est donc devenue indispensable pour permettre à chacun de s’exprimer sur le sujet notamment en terme de rémunération.
Elle se tiendra ce mercredi 5 mars, à 20 h 30, salle Guy-Môquet à Allonnes (72).
La salle se situe près du complexe sportif Georges Garnier, allée André Legendre (à l’entrée de la ville à proximité du centre commercial Leclerc).
Cette réunion est réservée aux correspondants locaux de presse (CLP). La présence de chacun est indispensable pour défendre au mieux les intérêts de tous. Pour une question d'organisation, merci de confirmer votre présence par mail à corres72@yahoo.fr
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