20.04.2008

Un trombinoscope en trompe l’œil !

1528257191.jpgLes 8 et 20 avril, les journaux Le Maine-Libre et Ouest-France ont édité chacun de leur côté un supplément gratuit qui rassemble la totalité des élus locaux de la Sarthe. Un annuaire habillé comme il se doit de 375 photos des premiers magistrats. Mais qui se cachent donc derrière ces visages ?

La réponse ? Les petites mains de la presse à savoir, NOUS, les correspondants locaux de presse.

Où est le problème ? Aucun n’a été consulté. Les clichés ont d’ailleurs été pris la plupart du temps lors des annonces des candidatures pendant la période de campagne électorale. Reprises et republiées, ces photos  n’ont bien évidemment pas fait l’objet de transaction et encore moins rémunérées. Se servir est un service gratuit.

Alors des remerciements pour ceux qui ont participé justement à cette collecte trombinoscopique. Que nenni ! Et encore moins la moindre petite signature sur les clichés, même petite soit-elle alors que pour la prise d’une Marianne en statue, le photographe voit son nom apposé. A qui profite le crime ?

Cherchez l’erreur !

1576063854.jpgLa précipitation est sans doute l’explication d’erreurs dans le supplément de Ouest-France à moins que les informations n’ont pas été toutes vérifiées.

Celle qui saute aux yeux, pourtant sans photo, le nom CUM au lieu de Le Mans Métropole.
Passe encore. Là où le bât blesse est la composition de la communauté de communes du Sud-Est du pays Manceau et de Le Mans Métropole. Leur point commun ? La commune de Mulsanne, répertoriée sur la Communauté de communes et absente dans la liste de Le Mans Métropole qui compte non pas 8 mais 9 communes
Faute de goût. Mulsanne à rejoint le Mans Métropole le 1er janvier… 2004. Faut-il en rire ?

Il ne s’agit là que de l’illustration pour le département de la Sarthe mais cet annuaire des élus est également édité dans les autres départements couverts. Dans une dépêche diffusée par l’AFP datée du 18 avril, la direction de Ouest-France se targue de cette "première en France" avec pas moins de 70 149 élus recensés dans 4 584 communes sous la forme de 12 éditions départementales dans les régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire. Le tirage ? 500 000 exemplaires… et les annonces publicitaires qui vont bien avec !

08.04.2008

Communiqué des sections SNJ des quotidiens du groupe SIPA-Ouest France

Faux pluralisme, vraie censure

La défense de l’information dans l’Ouest, le sauvetage d’un titre en perdition, l’impérieuse nécessité de sauver des emplois promis à la casse : rien ne nous a été épargné pour justifier le rachat par SIPA - Ouest-France des titres concurrents des Pays de la Loire.
Plus de deux ans après, qu’en est-il de cette œuvre de bienfaisance ? L’information dans l’Ouest n’y a rien gagné, le pluralisme tient plus que jamais de l’alibi, les sombres nuages de la mutualisation rampante s’amoncellent au-dessus des rédactions.
Plusieurs jours durant, de très nombreux abonnés portés de Presse-Océan et d’Ouest-France de la région nazairienne ont été privés de la lecture de leur quotidien. Une grève de porteurs des deux journaux a gravement perturbé leur diffusion. Un conflit social dont les lecteurs-auditeurs-téléspectateurs-internautes des médias du Groupe SIPA n’ont pas eu connaissance. Seul le service public (France 3 et France Bleu Loire-Océan) s’est fait un devoir d’informer les citoyens, quand Hit West, Nantes 7, 20 Minutes, Ouest-France et Presse-Océan restaient silencieux ou discrets.
Des correspondants de presse du Maine Libre, du Courrier de l’Ouest et d’Ouest-France se mobilisent et se fédèrent en un collectif pour dénoncer leurs conditions de rémunération et la mise en commun des moyens de collecte des résultats des élections municipales voulue par le Groupe SIPA. Ce collectif entreprend d’informer et d’inviter à une réunion les correspondants de tous les titres par le biais de la base infos service d’Ouest-France. Des consignes sont données par la hiérarchie de la rédaction pour écarter cette information… Qui osera nier la censure ou la rétention d’information ?

Des emplois sacrifiés

La possible réalisation de suppléments rédactionnels sur des événements comme le Vendée Globe, les 24 heures du Mans autos, ou de suppléments thématiques comme le tourisme, communs à deux, ou des, titres, est annoncée. Le reportage d’un journaliste sur un événement sportif par exemple, œuvrant pour plusieurs titres du groupe, est aussi envisagé. La direction générale d’Ouest-France fait de la « mise en commun de TOUS les moyens y compris rédactionnels » un objectif prioritaire du groupe.
On a pu mesurer les effets de cette fusion des réseaux de ventes-promotion, d’une régie publicitaire unique, d’un portage commun pour les Journaux de Loire et Ouest-France : des emplois sacrifiés ! C’est ce qui attend nos rédactions, si la mise en commun des moyens est décrétée.
Cette mutualisation des moyens rédactionnels est une atteinte de plus au pluralisme, à l’indépendance éditoriale des rédactions, à l’emploi. Toutes les concentrations dans la presse en font un instrument de réorganisation qui justifie des réductions des effectifs des rédactions. Dans un contexte concurrentiel prétendument préservé dans les Pays de la Loire, la mutualisation des moyens rédactionnels est encore plus condamnable.
Le SNJ sera un opposant déterminé à ce projet portant atteinte à l’indépendance de nos rédactions et appelle tous les journalistes du Courrier de l’Ouest, du Maine Libre, de Presse-Océan et d’Ouest-France à refuser cette mise en commun des moyens rédactionnels.

Les section SNJ des quotidiens du groupe SIPA-Ouest France
7 avril 2008

04.04.2008

Les correspondants organisent leurs revendications... et une rencontre avec SIPA-Ouest France

La colère des correspondants locaux de presse reste toujours intacte et vive, toujours en lutte pour leur reconnaissance. Pour preuve, réunis ce mercredi 26 mars à Coulaines (Sarthe) cette fois, de « nouvelles petites mains de la presse locale » sont venues grossir les rangs de l’association. Le mouvement prend donc de plus en plus d’ampleur d'autant plus que d'autres associations de correspondants extérieurs au département sarthois se sont manifestées avec le souhait de s’associer pour monter une structure associative dans leur département.

Leurs leitmotivs communs ? Ils se « retrouvent » dans les revendications émises et affichent un même « ras-le-bol » général. Leurs points communs ? Ils sont multiples comme le besoin d’échanger leurs expériences, leurs difficultés des plus anciens envers les nouveaux. Mais avant tout, ils l’avouent, ils ont tous une passion pour leur travail. Cela ne les empêche nullement de se remettre en question mais aussi de se rassembler pour modifier voire abroger ce statut de 1993. Source de tous leurs maux !

Les correspondants de l’association interdépartementale des correspondants de presse ont pris en compte toutes les doléances et ont amendé, en commun, un cahier de revendications des plus légitimes. Il sera joint au courrier envoyé prochainement aux directions de Rennes et d’Angers. Le but est d’exiger un rendez-vous pour une négociation entre SIPA-Ouest France et une délégation interdépartementale.