09.11.2008
De qui se moque t'on ?
Des indiscrétions, provenant de plusieurs départements, apportent enfin une bonne nouvelle.
Nos camarades de Ouest-France, vont avoir droit, soit en janvier, soit en février à une augmentation du prix du point. Ne vous emballez pas, les CLP Ouest ne vont pas changer leur vieille R5 pétaradante, contre une BMW rutilante, pour autant !!!
La direction Ouest-France s’est fendue de la somme fabuleuse de 2 centimes (d’Euro) d’augmentation du prix du point. Il faut dire que depuis février 2006 le prix était inchangé (attention pour les âmes sensibles) soit 0,99 € le point. Rien que pour inventer un prix pareil il faut déjà être satanément pervers. Donc en janvier prochain (ou en février) le point atteindra la somme énorme de 1,01 €, soit une augmentation d’à peine de 2 %, pour 3 ans, (soit 0,66 %/an) alors que pendant la même durée de temps, l’inflation dépassait les 5 % (source Insee).
Saviez vous que les CLP Ouest-France sont des privilégiés, des nantis ? Non évidemment, et pourtant c’est vrai, car pendant ce temps leurs collègues des journaux comme le Maine-Libre (par exemple), font comme sœur Anne, ils attendent et ne voient jamais rien venir. Pas le moindre centime de boni à se mettre dans leur porte-monnaie raplapla, rien depuis le passage à l’Euro (c’était au siècle précèdent) !!!!
Franchement on se demande si de temps en temps, les directions des journaux qui nous font bosser pour 3 francs 6 sous, ne nous prendraient pas pour des demeurés ???
20:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.10.2008
Les clp au lancement des Etats généraux de la presse écrite !
Jeudi 2 octobre 2008
Les Correspondants Locaux de Presse présents au lancement des Etats généraux de la presse écrite sont officiellement associés aux débats !
Suite au rendez-vous au rendez-vous avec Emmanuelle Mignon, le 17 septembre dans le cadre des futurs Etats généraux de la presse écrite, la délégation représentant les 30 000 correspondants locaux de Presse, a largement évoqué les dérives du statut de travailleur indépendant des clp. Outre les doléances, les représentants des clp, ont pu exprimer avec force et conviction leur souhait d’être associés aux Etats généraux de la presse écrite.
Attentive, à l’écoute, Emmanuelle Mignon s’engageait alors à associer les clp aux Etats généraux de la Presse.
Sa promesse s’est confirmée le jeudi 2 octobre lors du lancement des Etats généraux de la presse écrite par le président de la République, Nicolas Sarkozy.
Le souhait des correspondants locaux de presse d’être associés aux Etats généraux de la presse écrite est exaucé ! Une première dans l’histoire !
A l’issue du discours du Président (une demi-heure), nous avons rejoint Emmanuelle Mignon. L’occasion de lui faire connaître notre décision de nous engager dans une des quatre commissions. Le choix s’est porté sur celle de Bruno Frappat, président du groupe Bayard Presse.
Les quatre principales lignes de travail de ce pôle seront les suivantes :
- réfléchir à la formation continue et initiale
- droits et devoirs des rédactions
- statuts et déontologie des journalistes
- droits d’auteurs
Ce jour de rendez-vous à l’Elysée, la délégation des clp n’en est pas restée là.
Les amuse-gueules ont été un temps favorable pour nous faire connaître auprès des médias venus couvrir l’événement. France Inter, le Parisien , La Tribune… sont repartis avec l’écho des correspondants locaux de presse.
Quelques uns des représentants ont eux aussi été interpellés.
A savoir : le midi, France 2, a diffusé l’allocution du Président de la république agrémenté d’un reportage au journal Sud-Ouest (Midi-Pyrénées). Son rédacteur a évoqué les journalistes et les … clp. Une première mise en bouche mais les revendications des Correspondants Locaux de Presse demeurent.
09:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.09.2008
Dossier transmis par courier à Emmanuelle Mignon en préambule de la rencontre
I) Qu’est-ce qu’un correspondant local de presse ?
A) La loi
Le 27 janvier 1987, après d’âpres discussions patronales et syndicales, la loi n° 87-39 est adoptée à l’Assemblée nationale. Désormais le correspondant local de presse quotidienne régionale est rattaché au régime des travailleurs indépendants pour une période transitoire expirant le 21 décembre 1990 (circulaire ministérielle NDSS/AAF/A1/93/90 : le statut social du correspondant local de presse, article 10 de la loi n° 87.39 du 27 janvier 1987).
La mesure sera prorogée à deux reprises puis pérennisée à compter du 1er janvier 1993 par l’article 16 de la loi n°93- du 27 janvier 1993.
Les correspondants locaux de presse ont un statut qui définit leur travail : « Le correspondant local de presse départementale et régionale contribue selon le déroulement de l’actualité à la collecte de toute information de proximité relative à une zone géographique déterminée pour le compte d’une entreprise éditrice »
Il s’agit d’un apport d’informations soumises avant éventuelle publication à la vérification d’un journaliste professionnel.
B) Le rôle économique et social d’un correspondant local de presse
Intermédiaire de la démocratie, lien social de proximité… le correspondant local de presse est un maillon indispensable, un soutien vital à la presse quotidienne et régionale.
Il correspond aux exigences démocratiques de la presse quotidienne et régionale, notamment en relayant le travail, en particulier le travail de terrain, des élus locaux, des députés...
60% à 70% du contenu de la presse quotidienne régionale et départementale est assuré par le Correspondant local de presse.
C) La situation économique du correspondant local de presse
- Il est à distinguer plusieurs catégories de CLP : ceux dont la correspondance est une activité principale, et ceux, retraités, ou actifs, dont la correspondance est une activité d’appoint. Ceux qui effectuent le même travail qu’un journaliste mais sans le statut, et ceux qui ne font que collecter de l’information de proximité et dont la mise en forme est nécessaire par un journaliste. Dans le premier cas, ces CLP se retrouvent en dehors de toute convention, hors Code du travail, hors conditions sociales qui régissent la profession de journaliste, non titulaires d’une carte de presse. De plus les entreprises de presse ont créé des liens de subordination de plus en plus précis qui rattachent de plus en plus le CLP au contenu. C’est cette situation, abusive à nos yeux, que nous dénonçons.
II ) Les effets pervers de la loi
a) URSSAF :
Mais voilà, encore faut-il lui donner les moyens de travailler à sa juste valeur. Pour exemple, La circulaire ministérielle NDSS/AAF/A1/93/90 du 1er décembre 1993 relative au statut social des correspondants locaux de presse définit en effet les droits et obligations de ces travailleurs indépendants, mais ne réglemente pas le calcul des honoraires, revenus non salariaux qualifiés de frais de correspondance.
La loi fixe le plafond de recettes à 4018 € annuel après abattement de 37% (soit 337 € par mois) concernant les cotisations URSSAF, au-delà les CLP sont soumis à des cotisations forfaitaires imposantes. La loi prévoit trois possibilités pour la cotisation du correspondant local de presse à l'assurance maladie : si son revenu est inférieur à 15 % du plafond annuel de la sécurité sociale, l'affiliation est facultative, avec un revenu entre 15 % et 25 %, l'État prend en charge la moitié des cotisations, au-delà de 25 %, le travailleur acquitte la totalité de la cotisation.
Sachant que moins de 15 % du plafond équivaut à une somme de 402,30 euros par mois, le correspondant local de presse ne doit pas dépasser ce revenu s'il ne veut pas ensuite reverser une somme équivalent à 1 520 euros par mois Cette situation empêche de « travailler plus pour gagner plus ». Du coup, les directions des journaux en profitent pour revoir à la baisse les articles des CLP.
-b) Droits d’auteurs
La circulaire précise : « Le correspondant local de presse peut signer sa correspondance ». La signature d’articles réalisés par le correspondant local de presse est censurée par les entreprises de presse. Les photos, sans signature également, peuvent être reprises dans une édition ultérieure, sans accord avec le correspondant local de presse et sans être rémunérées. Elles échappent également aux lois sur les droits d’auteur que peut faire valoir tout citoyen. (Cf annuaire des élus après les élections municipales).
c) Internet
Les correspondants locaux de presse ont constaté une dégradation des conditions de travail des correspondants qui empire avec le développement du multimédia : les articles sont repris, pillés, sur internet sans concertation et encore moins rémunérés.
d) Un statut dévoyé
Le statut des correspondants locaux de presse est utilisé pour des fonctions que ne définit pas le statut CLP : secrétaire de rédaction, photographe.
III) Effet pervers du statut économique
a) Une protection absente
L’absence de lien hiérarchique en tant que travailleur indépendant aboutit de fait, que le correspondant local de presse est complètement soumis aux desiderata des directions des journaux sans garantie, sans concertation paritaire. Et surtout, à un non paiement des articles à leur juste valeur.
Tel qu’il est, et surtout telle que la loi est utilisée, le statut de correspondant local de presse masque un travail de journaliste de fait (collecte, rédaction…) et le définit comme un exécutant de seconde zone. La circulaire ministérielle stipule « qu’un CLP peut, à titre exceptionnel assurer le remplacement d’un journaliste ». A titre exceptionnel…
Aujourd’hui équipé d’un ordinateur, fourni et installé en général par son organisme de presse, doté d’un appareil photo, fourni également, le ou la correspondant(e) suit l’actualité de sa commune, rédige et expédie, tout comme un journaliste, ses papiers et photos, aux secrétariats de direction dont il dépend.
Autre interrogation : pourquoi un correspondant local de presse a des frais de mission inférieurs à celles d’un journaliste. Pour exemple, les frais kilométriques en deça du barême fiscal ?
b) Lien de subordination
Aujourd’hui l’organisation interne des journaux impliquent des liens de subordination de fait entre les journaux et les correspondants locaux de presse avec la création de structures : postes de journalistes animant des réseaux de correspondant local de presse, locaux dans les entreprises qui permettent de travailler dans les rédactions détachées, fourniture de matériel aux frais de l’entreprise.
IV) Souhaits soulevés
- création d’un comité tri-partite (CLP, direction, Etat (autorité publique, représentant d’Etat) et/ou paritaire (CLP, direction).
- modification régime URSSAF (hausse du plafond de l’assiette de cotisation : à définir)) et sécurité sociale (prise en charge par le Journal).
- revalorisation des frais de correspondance et indexation sur le coût de la vie (y compris les frais de déplacement)
- signature articles et photos
- paiements des articles et photos repris sur internet
- garantie inscrite dans la loi, en lien avec le droit du travail, au maintien du correspondant local de presse et non pas au bon vouloir » ou à la « tête du client ». Tout cela pour le correspondant local de proximité.
Pour les autres, un statut de journaliste professionnel (salarié permanent ou pigiste).
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