07.01.2009

Attention, Nouvelle grille chez Ouest-france

Bonjour à tous, j’ose à peine vous souhaiter bonne année

 

Une nouvelle année commence, elle s'annonce bien sombre pour les correspondants locaux de presse qui ne seront pas épargnés, la crise aidant au passage à faire passer une nouvelle grille de cotation à Ouest-France. 

Pourtant on lit ici ou là des éditoriaux dénonçant le fait de ne pas profiter de la crise pour… pour quoi déjà ? Réaliser des économies, pour licencier ? Et que dire voire d'écrire les premiers voeux des maires de la Sarthe qui dénoncent de ne pas faire de "la rentabilité pas au profit de l'humain"?

En avant-première vous découvrez ci-dessous la nouvelle grille O-F transmis par un collègue.

Nouvelle grille à Ouest-France

Hier 6 janvier, en Loire-Atlantique, les correspondants Ouest-France ont pris connaissance de la « Nouvelle grille de cotation pour un nouveau projet rédactionnel », telle est son titre officiel. Les CLP sont repartis avec une  plaquette de qualité, plastifiée (si si !) et après avoir dégusté des petits fours, seule consolation.

Sur les 20 CLP convoqués, 7 seulement ont répondu présent.

« En préambule, le discours était axé sur le manque d'argent du journal qui est en déficit (avec humour certains collègues ont pensé faire une quête à l'intention du journal et mis en parallèle le coût de la plaquette distribuée aux CLP).

Le budget des CLP c’est 6 millions par an pour O-F. (Divisons par 2 500, nombre de CLP O-F = 2 400 € par an/CLP, soit 200 € par mois). Il est prévu de le réduire pour réaliser des économies. Certains CLP ont déclaré que les journalistes avaient eu un treizième mois, eux. Silence des intervenants.

Les départements de la Mayenne et des Côtes d'Armor ont cette nouvelle grille, qui a été mise en place à titre expérimental, et ne rencontrent que des satisfactions. Ainsi 1/3 des CLP ont gagné plus, 1/3 ont gagné autant et 1/3 ont gagné moins car "ils se débrouillent mal" explique-t-on ». Sic!!!

Il est précisé que le budget annuel octroyé aux CLP ne devra pas être dépassé. Alors comment gagner plus avec la nouvelle grille ? A moins de se saborder soi-même.

La grille

Le sujet valorisé (plein la bouche des intervenants) : 18 points + 4 points si photo : concerne un conseil municipal traité de façon vivante et transmis dès le lendemain (il faut que le sujet soit intéressant sinon il retombe à 5 ou 10 points), une grosse assemblée générale, sujet magazine, portrait…

Attention, avant de traiter ledit sujet, le CLP devra demander « la permission » à la rédaction.

Il y aura un sujet valorisé par page, mais ce seront les grosses communes qui en profiteront, car côté hiérarchisation de l'info, les CLP n'ont pas eu plus de détail.

Alerte : 10 points. Mais elle n'est pas inscrite dans la grille de l'ordinateur.

Brèves : 5 points (avant 4 points) : article de 15 lignes maximum : petites informations liées à l'actualité.

Photo légende : 9 points (avant 4 points) : article de 7 lignes maximum : kermesse, noces d'or …

Nouvelle d'actualité : 10 points + 4 points photo : article 40 lignes maximum : associatif, ouverture de magasins… Consigne : ne pas « gratter inutilement » sinon l'article retombe en brève.

Conseil donné pour un conseil municipal : possibilité de gagner 37 points : un sujet intéressant (18 points) + photo (4 points) + 3 brèves (3x5 = 15). Ce qui donne 37 points.

Pour le collègue de Loire-Atlantique, cette aubaine ne se produira qu'une fois dans l'année.

Mais rien sur la prestation spéciale IS (apparemment d'après le collègue, elle disparaît) et plus d'articles à 26 points. 2 sujets absents de la plaquette.

Le plus inquiétant : les rédactions Loire-Atlantique ont contacté des personnes pour les inciter à envoyer photo et article directement sur Info locale (notamment au format photo-légende).

Pour le collègue, après calcul, cette nouvelle grille réduira de 20 à 30% ses frais de correspondances tout en travaillant plus.

Une augmentation, de 0,02 € le point (dernière augmentation en date de février 2006) est prévue.

 

Première remarque

«  il existait quelque chose qui semble être supprimé (à vérifier), c'est l'article court (ou souvent raccourci) qui était payé 4 + 4, il faisait entre 15 et 25 lignes. Au dessus de 30 lignes ont était en 10 + 4 (ce qui ne change pas).

Pour le conseil municipal, j'ai personnellement déjà testé ce système, et à chaque fois le SE m'a tout mis ensemble dans le même papier qui à l'époque était payé 26, donc bénéfice net on va encore perdre 8 points ».

 

Commentaires

Ex-correspondant de l'Est Républicain durant 20 ans, j'ai été viré en février 2007 de mes fonctions, officiellement pour avoir protesté contre la suppression des frais de déplacement et des frais de transmission des articles (décision prise en novembre 2006 par la direction du journal de Nancy) et pour avoir également fondé le blog des correspondants de presse du Doubs. Un mouvement général des CLP et une vive protestation avait entraîné la réévaluation du point de 0,18 € à 0,21 €.

Mes ex-collègues m'interrogent sur la valeur du point à Ouest-France.
Qui pourrait me la communiquer ?

guyaard.andre@orange.fr

Merci

Ecrit par : Guyard | 13.01.2009

le point à ouest a été revalorisé, il est à 1 € 01. Mais la nouvelle grille fait perdre pour les conseils 7 Pts autant dire que le compte n'y est pas !

Ecrit par : gremz | 15.01.2009

Bonjour,

C'est bien ce que j'avais compris a la reunion des correspondants du finistere qui a eu lieu a quimper, travailler plus pour gagner encore moins mais personne n'y a trouve a redire dans l'assemblee.
Ouest France n'a plus de sous, ils vont nous faire pleurer apres avoir racheter 16 titres de la presse quotidienne par la voie du groupe SIPA Ouest France, ils osent dire qu'ils n'ont plus d'argent. Je crois bien qu'il va falloir que je raccroche definitivement.

Ecrit par : merbleu | 30.01.2009

Pour travailler moins et gagner plus, il faut entrer à la SNCF

Ecrit par : Hassan Cehef | 30.01.2009

Ils se leurrent, les dossiers sont clairs! Tu parles, du travail au noir, rien que ça!
+ des atteintes aux droits d'auteur+ des pratiques douteuses en tout genre. Ils font bien de pas être conciliants; un bon procès vaux mieux qu'un mauvais arrangement!

Ecrit par : Jambier | 03.02.2009

On l'a encore dans le dos

Un petit mot à ceux qui " bossent " pour Ouest et qui depuis lundi sont à la nouvelle grille. J'ai testé la fameuse grille, voila ce que je constate : La brève est bloquée à 15 lignes, au dessus il faut passer en " Nouvelle actualité" qui elle se bloque à 40 lignes, au dessus on doit passer en " Sujet valorisé " qui peut aller jusqu'à 70 lignes.
J'ai aussi compris que si je ne faisais pas un certain nombre de " Sujets valorisés", j'allais travailler plus pour gagner moins. Je m'explique :
La brève passe de 4 à 5 points (donc + 1), la nouvelle actualité qui est la catégorie d'articles le plus utilisés reste à 10 (pas de bénef), le " sujet valorisé " monte à 18 (soit + 8), mais le conseil chute à 18 (moins 8). Je ne parle pas des photos dont le tarifs n'a pas varié.
Il me faut déjà un sujet valorisé pour équilibré la perte due au conseil, ce qui fait que l'on dois obligatoirement pondre 8 papiers valorisés pour récupérer ce que le journal nous a piqué avec : les IS (infos services), le cinéma et le mémento.
Ce qui est très certainement impossible, car jamais les "mecs sympas " du SE ne nous permettront de passer autant de jolis articles, sans qu'ils soient raccourcis, bidouillés, sabotés.

Conclusions : encore une fois on l'a dans le baba !!!!!

Pour nos petits camarades du Maine-Libre (et autres journaux du groupe SIPA), vous tracassez pas, vous allez sûrement y venir un jour prochain.

Ecrit par : gertrude | 03.02.2009

Tes calculs Gertrudre ne sont pas tout à fait juste, car les portraits, le manifs et sujets polémiques qui étaient payés à 26 pts eux aussi chute à 18. J'en avais en moyenne 6 à 9 par mois... aujourd'hui, je n'aurais plus que mes 2 conseils qui bénéficieront de cette cotation (mais baissé à 18 pts). Les sujets intéressants sont désormais maintenus en local ou l'info est reprise par la rédaction dont je dépend (voir parution différée et papier récrit par un journaliste et pour l'heure 10 à 30 pts bonus quand sa fini en info général... un peu pour m'empêcher de pleurer !). Enfin, impossible pour le corress, même avec un bon sujet, d'atteindre la dept encore moins la région, page désormais réservé à l'élite du journal : les journalistes.
De plus, on nous bassine sur le portail avec de l'émotion et tout le bla-bla... quand vous le faite au lignage maxi (en valorisé)... coupe à 40 lignes... en résumé : même un sujet valorisé n'aura pas son bon point ! Donc pour ma part c'est une facturation divisée par 3. A qui profite le crime ? Désolé le dire, pas à ceux qui faisaient déjà ce que l'on demande aujourd'hui, mais aux corres abonnés aux petits formats, aux légendes photos... mais attention ! Revers pervère, Lors d'une rencontre avec Eric Bullet, il me l'a dit... si les corres ne s'améliorent pas (en étant un peu plus journaleux dans l'âme) on a aucune raison de les garder... Mais en obéissant au système c'est à dire en choisissant la facilité de la légende photo bien payée... les corres ne sont ni plus ni moins en train de creuser leur propre tombe.... car ça c'est à la porté de tout le monde !
Ps : j'espère avoir été clair ! car j'ai la grippe !

Ecrit par : gremz | 04.02.2009

Salut,
j'ai les mêmes problématiques liées à l'Ursaff; mais pas que. Bénéficiaire d'une exo au titre d'exercice de CLP l'URSAFF me demande de rembourser car "une exonération n'est pas une suspension mais un report"(c'est exactement ce que l'on m'a dit à l'Ursaff. C'est fou non???). Bref arguant auprès de l'Ursaff que je suis actuellement aux prud hommes avec mon ancien titre j'ai obtenu de l'administration un délai pour savoir qui au final devrait s'acquitter des charges.

Car après une première phase de conciliation prudhommale ,infructueuse, le grand titre de la PQR du Sud de la France nie tout en bloc et une audience est donc prévu devant le tribunal des prud'hommes pour le printemps.

Au programme : requalification, indemnités, droits d'auteurs et j'en passe.

Pour me situer à peu prés, CLP pendant de nombreuses années je me suis retrouvé à vivre d'une activité exclusivement journalistique.

Dans le désordre mise en page, collecte et traitement de l'info, prise photographique...Et ce sur un poste de CLP à plein temps (trés plein le temps, exit donc l'aspect accessoire de l'histoire si chère aux titres). Le lien de subordination est évident puisque un CLP ne peut évidemment pas de son propre chef imposer quoique ce soit sans l'aval de sa hiérarchie. En ce qui me concerne des consignes trés nettes étaient alors données (lieux horaires format des papiers avec ou sans visuels...). Les preuves matérielles sont ici également nombreuses.

Honoraires par mois aux alentours de 1000 euros avec une obligation de chômage technique pendant l'été au profit de stagiaires conventionnés.

Mais un jour l'obtention de la carte de presse m'a permis entre autre de constituer une preuve irréfutable de mon activité de journaliste incompatible donc avec l'emploi de moi même par le titre sous le non-statut de CLP.

Dans quelques mois donc sera offert aux prud'hommes l'occasion de reconnaître clairement (car le tribunal est compétent pour aborder toutes les questions liées au travail évidemment mais également aux droits d'auteurs) les dérives de la PQR quand au traitement d'une majorité de ses collaborateurs (30 000 CLP en France pour env 6000 journalistes). Je parle notamment de ceux qui en vive exclusivement et qui sont plus communément appelés dans le métier vrais-faux journalistes.

L'occasion sera peut être alors saisie pour rappeler aux Titres les divers cadres réglementaires et l'obligation de s'y contraindre dans l'optique d'un respect des lois (travail dissimulé, non respect des droits d'auteurs, charges non assumées donc manque à gagner pour l'état...) que l'on soit employé ou employeur.

Pour l'heure le titre nie en bloc, comptant sur un dossier léger mais il en accusera réception dans quelques semaines et devra se rendre alors à l'évidence.

En outre il faut garder à l'esprit, toujours dans la sphère du traitement infligé aux CLP, l'enveloppe présidentielle (600 millions d'euros) venant en aide à un secteur "en crise" qui cumule pourtant et ce depuis longtemps des flopées d'aides, d'exonérations (vraies celles ci et non remboursables), d'allégements et j'en passe (par exemple les 7600 et quelques euros d'abattement fiscal dont bénéficient les journalistes).

Au passage un souvenir qui illustre bien le dédain à l'endroit des CLP: les frais d'essence remboursés à des taux plus importants pour les journalistes que pour les CLP. Pourquoi? Mystère mais le prix à la pompe est le même pour tous.

Droits d'auteurs : selon le titre pour lequel je travaillais il évident que je n'y avais pas droit puisque toujours selon le titre le statut de travailleur indépendant m'interdisait les droits d'auteurs (aucun rapport mais c'est l'argument mis en avant par le titre).

L'idée c'est évidemment de contraindre le titre au respect des lois et d'alerter de manière forte l'ensemble des acteurs qui gravitent autour de ses problématiques (Titres, CLP, administrations diverses telles que URSAFF, inspection du travail, impôts, sociétés d'auteurs, corps journalistique...). Un signal fort destiné aux 57 titres de la PQR (et au delà pourquoi pas) serait bienvenu pour faire cesser enfin des pratiques d'un autre temps.

La dynamique amorcée de ci et de là à travers le pays paraît aller en ce sens.

Je vous tiens bien entendu au courant de l'évolution du dossier.

Ptichou

Ecrit par : ptichou | 04.02.2009

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