14.12.2008
Bénévolat défrayé
"Comment, j'ai faillit devenir bénévole défrayé"
En septembre dernier j'étais en vacances dans de Sud-Ouest et je lisais chaque jour le quotidien local et j'y trouvait à chaque fois des annonces " recherche correspondants" sur les communes de " Fraise et Framboise".
J'ai conservé un exemplaire de ce journal et de retour à la maison, j'ai posé ma candidature, par courriel (car il était demandé d'être Internaute).
Il faut dire que je m'étais composé un profil qui devait plaire.
Courriel du 27-09 : "Je suis jeune retraité de l'Education Nationale (58 ans), j'ai donc du temps libre. Je possède un appareil photo numérique et une voiture, un ordinateur, ainsi qu'une connexion Internet".
Pas de réponse avant le 7-12 : Je prends contact avec vous suite au courrier que vous nous avez envoyé concernant la correspondance de " Fraise ". Nous souhaiterions pouvoir vous rencontrer. Merci de téléphoner à la rédaction de la locale de " Cerise ", pour que nous puissions convenir ensemble d'un rendez-vous.
Salutations,
Le 8 au matin, je répond, le poisson a mordu : Je suis heureux que ma demande de candidature ait retenue votre attention, toutefois avant de me déplacer à " Cerise" pour vous rencontrer, pourriez-vous m'indiquer dans quelles conditions (obligations, rémunération) je serais amené à collaborer à votre journal. Très cordialement.
Le 8 dans l'après-midi, j'ai une réponse (lecture déconseillée aux âmes sensibles) : La principale chose que nous demandons à nos correspondants: la disponibilité. Il s'agit en effet de rendre compte de la vie de la commune, ceci implique donc de couvrir des manifestations qui se déroulent le week-end ou parfois en soirée. Je pense notamment au conseil municipal. Quant à la rémunération, celle-ci est modique. Elle varie selon la production. Les correspondants sont payés à l'article fourni. Ils perçoivent également une rémunération pour la photo. Les kilomètres sont également remboursés. Cependant, il ne faut pas compter sur la correspondance pour faire fortune! Le lot de consolation: un abonnement offert après trois mois de periode d'essai. Si vous le souhaitez, nous pouvons nous rencontrer. Merci de nous contacter au "00 00 00 00 00". pour fixer un rendez-vous. Cordialement,
Le même jour, j'insiste, je voudrais qu'elle m'en dise un eu plus : Je me doutait bien que cette activité ne me permettrait pas de rouler chaque jour au volant d'une BMW rutilante, mais pourriez-vous tout de même me donner une fourchette de ce que vous donnez à vos correspondants pour rétribuer un article courant et la photo qui l'accompagne ? J'aurais aussi une autre question, le correspondant que je serais peut-être devra-t'il rendre-compte aussi des évènements sportifs locaux ? Très cordialement.
Je dois l'intéresser car elle répond le 9 au matin: Disons qu'il faut compter entre 5 et 10 euros l'article avec photo. Pas de quoi en effet rouler en BMW. Tout dépend en fait du type d'article: s'il s'agit d'une petite information ou d'un conte-rendu. Concernant les événements sportifs, ils sont gérés par la rédaction sportive qui en principe dispose de pigistes spécialisés. Cordialement,
Je crois avoir ferré mon poisson et j'insiste peut-être lourdement, en demandant le soir même : J'avoue que votre offre commence à m'intéresser. Elle correspond à ce que je pensait, à savoir que je tirerais de cette activités tout juste de quoi m'offrir quelques extras, mais avant de franchir la porte de votre rédaction, je souhaiterais savoir ce que vous entendez par " les kilomètres sont également remboursés ", sous quelle forme et à quel prix ? Très cordialement.
J'ai dû pousser le bouchon un peu trop loin, la Madame est vexée elle me répond sèchement, le 12 au soir : Je vois que vous êtes trés sensible aux questions d'argent mais sachez que la correspondance est avant tout du bénévolat défrayé. Il me parait difficile de communiquer tous les jours par mail avec vous (nous recevons environ une centaine de mails par jour). Si vous êtes intéressé, merci de passer un coup de fil à la rédaction.(pas de formule de politesse).
Voila comment j'ai faillit, sans le savoir, faire du bénévolat défrayé.
Pour votre information le groupe en question (dont je tairais le nom) édite quotidiennement 2 journaux dont les " Une " sont vraiment différentes, mais dont intérieur est strictement identique pour les 2 titres. Ce qui veut dire que les articles des CLP sont repris dans l'autre journal, et le tout pour une "rémunération modique", comme dit la Madame.
NDLR : Seuls les noms des communes ont été changés, les textes des courriels sont retranscrits à l'identique, à la virgule près, en laissant même les fautes d'orthographe.
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Commentaires
Bonjour,
Je comprends en lisant votre texte que les conditions de rémunération de CLP ne sont pas très attractives, ce qui peut en décourager plus d'un à faire ce job.
Cependant, certaines personnes y trouvent certainement leur compte, exerçant cette activité pour le plaisir d'écrire, de s'intégrer à la vie de leur commune. N'y avez-vous pas pensé ?
Les CLP n'ayant pas la formation de journaliste, il est normal qu'ils n'en aient pas non plus le salaire, bien qu'ils mériteraient tout de même une rémunération plus conséquente, je suis d'accord avec vous sur ce point.
Par contre, je trouve votre acharnement contre "la Madame" (comme vous le dites si bien) très irrespectueux alors que celle-ci a eu l'obligeance de vous recontacter, a eu la patience de répondre à toutes vos questions avec la plus grande honnêteté.
Si les conditions de travail ne vous conviennent pas, libre à vous de ne pas donner suite à votre candidature mais pouvez-vous comprendre qu'elle n'a effectivement pas que ça à faire, répondre aux mails quotidiens d'un candidat novice et cupide ?
Oui, bien cupide pour le novice que vous êtes car pour finir, vous précisez que vous avez "retranscrit les courriels à l'identique, en laissant même les fautes d'orthographe".
Parlez-vous des siennes ou bien des vôtres ? Je n'en ai retenu qu'une seule pour la Madame (compte-rendu et non "conte-rendu" plus une petite faute d'accent circonflexe sur un i) mais... les vôtres à côté m'amènent à me demander si vous êtes vraiment apte à écrire pour la presse. Et vous êtes retraité de l'Education Nationale ? Hum, hum... après on se demande pourquoi les générations d'aujourd'hui ne savent plus écrire !
Je vous souhaite tout de même une bonne retraite et vous adresse mes sincères salutations.
GL
Ecrit par : Gaelle | 15.02.2009
Gaële, parce-que vous croyez que tous les journalistes sortent des écoles vous? Plus de 75% des journalistes sont embauchés de façon, dirais-je, spontanée ou sont d'anciens clp.
Je trouve qu'l n'y a pas d'acharnement dans ces échanges mais que cela est plutôt révéateur des comportements à l'égard des clp : pas trop leur en dire pour mieux les exploiter et surtout qu'ils ne posent pas de questions embarrassantes.
Comment ne pas être révolté quand vous lisez : la correspondance du clp est du bénévolat défrayé!!!!!!!!! Les clp composent à plus de 60 % le contenu des journaux de la PQR.
Et même si c'est pour le plaisir, est-ce-une raison d'exploiter?
C'est pas que les jeunes générations savent plus écrire, c'est qu'on leur apprend pas bien. Ne vous trompez pas de cible, c'est la faute à la poliique.
Avec vous, je suppose qu'un clp qui ose demander une amélioration n'est pas dans son droit. Il serait intéresant de connaître votre profil professionnel.
Ecrit par : citron pressé | 16.02.2009
Bonjour Gaële
Merci à " Citron pressé"
Ce que vous ne savez pas, chère " Gaëlle " et la " Madame " non plus, c'est que je suis CLP depuis 20 ans.
Le journal en question, par ses annonces " recherche correspondants ", me donnait la possibilité de connaître à quelle sauce était consommés nos petits camarades qui collaborent avec cet éditeur. C'est la raison pour laquelle, je me suis porté candidat et aussi pourquoi j'ai lourdement insisté pour connaitre comment étaient traités les CLP de ce quotidien régional. La réponse " Bénévoles défrayés " suffit largement pour me rendre compte qu'ils sont encore plus mal servis que nous (et c'est désolant).
Je ne suis pas retraité de l'Education Nationale, comme tout le monde je fais des fautes d'orthographe (les journalistes aussi), mais le journal auquel je collabore à eu la gentillesse de fournir un correcteur d'orthographe à tous ses CLP et aussi aux pros.
CLP, c'est être disponible 365 jours/an, 24/24h, le soir, le week-end, les jours de fêtes, être muni d'un appareil photo numérique, d'un ordinateur avec une connexion ADSL, une automobile, écrire rapidement ses articles et les envoyer aussitôt, tout cela pour quelques Euro, je crois qu'il est légitime (même si nous ne sortons pas des écoles de journalisme) de demander une juste rémunération et tout petit peu de reconnaissance bien méritée.
Cordialement
Gertrude
Ecrit par : Gertrude | 17.02.2009
C'es clair,
n'oublions pas non plus que l'initiative de ce blog et du mouvement des correspondants vient de CLP mécontents, de ceux qui remplissent pourtant un vrai rôle de clp à qq chose près. Pas de travailleurs au noir, ni de CLP mal employés.
Je me souviens d'un calcul fait sur ce blog par un clp, qui était arrivé à la conclusion que finalement la rémunération était cohérente à ceci près qu'elle ne tenait pas compte des congés payés, ni maladie et autres menus avantages nécessaires. C'est sur ces manques qu'il faudrait peser.
(Le texte existe encore un peu plus haut)
Quant aux fautes d'orthographes évitons-les!
Ecrit par : clp | 17.02.2009
Gertrude, excellente initiative que d'avoir tendu ce piège. Si tu veux te joindre à CLP Le Journal contacte clplejournal@gmail.com
anonymat garanti!
Ecrit par : clp le journal | 17.02.2009
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