08.04.2008
Communiqué des sections SNJ des quotidiens du groupe SIPA-Ouest France
Faux pluralisme, vraie censure
La défense de l’information dans l’Ouest, le sauvetage d’un titre en perdition, l’impérieuse nécessité de sauver des emplois promis à la casse : rien ne nous a été épargné pour justifier le rachat par SIPA - Ouest-France des titres concurrents des Pays de la Loire.
Plus de deux ans après, qu’en est-il de cette œuvre de bienfaisance ? L’information dans l’Ouest n’y a rien gagné, le pluralisme tient plus que jamais de l’alibi, les sombres nuages de la mutualisation rampante s’amoncellent au-dessus des rédactions.
Plusieurs jours durant, de très nombreux abonnés portés de Presse-Océan et d’Ouest-France de la région nazairienne ont été privés de la lecture de leur quotidien. Une grève de porteurs des deux journaux a gravement perturbé leur diffusion. Un conflit social dont les lecteurs-auditeurs-téléspectateurs-internautes des médias du Groupe SIPA n’ont pas eu connaissance. Seul le service public (France 3 et France Bleu Loire-Océan) s’est fait un devoir d’informer les citoyens, quand Hit West, Nantes 7, 20 Minutes, Ouest-France et Presse-Océan restaient silencieux ou discrets.
Des correspondants de presse du Maine Libre, du Courrier de l’Ouest et d’Ouest-France se mobilisent et se fédèrent en un collectif pour dénoncer leurs conditions de rémunération et la mise en commun des moyens de collecte des résultats des élections municipales voulue par le Groupe SIPA. Ce collectif entreprend d’informer et d’inviter à une réunion les correspondants de tous les titres par le biais de la base infos service d’Ouest-France. Des consignes sont données par la hiérarchie de la rédaction pour écarter cette information… Qui osera nier la censure ou la rétention d’information ?
Des emplois sacrifiés
La possible réalisation de suppléments rédactionnels sur des événements comme le Vendée Globe, les 24 heures du Mans autos, ou de suppléments thématiques comme le tourisme, communs à deux, ou des, titres, est annoncée. Le reportage d’un journaliste sur un événement sportif par exemple, œuvrant pour plusieurs titres du groupe, est aussi envisagé. La direction générale d’Ouest-France fait de la « mise en commun de TOUS les moyens y compris rédactionnels » un objectif prioritaire du groupe.
On a pu mesurer les effets de cette fusion des réseaux de ventes-promotion, d’une régie publicitaire unique, d’un portage commun pour les Journaux de Loire et Ouest-France : des emplois sacrifiés ! C’est ce qui attend nos rédactions, si la mise en commun des moyens est décrétée.
Cette mutualisation des moyens rédactionnels est une atteinte de plus au pluralisme, à l’indépendance éditoriale des rédactions, à l’emploi. Toutes les concentrations dans la presse en font un instrument de réorganisation qui justifie des réductions des effectifs des rédactions. Dans un contexte concurrentiel prétendument préservé dans les Pays de la Loire, la mutualisation des moyens rédactionnels est encore plus condamnable.
Le SNJ sera un opposant déterminé à ce projet portant atteinte à l’indépendance de nos rédactions et appelle tous les journalistes du Courrier de l’Ouest, du Maine Libre, de Presse-Océan et d’Ouest-France à refuser cette mise en commun des moyens rédactionnels.
Les section SNJ des quotidiens du groupe SIPA-Ouest France
7 avril 2008
23:54 Publié dans Infos diverses | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
Le comité national SNJCGT a décidé lors de sa réunion du mois d'avril d'accueillir et et défendre les CLP. Eliane Faucon-Dumont est chargée de mettre une structure en place.
Ecrit par : eliane faucon dumont | 24.04.2008
Bonsoir,
Merci au comité national SNJ-CGT et à Éliane. Je soutiens ton implication et je suis volontaire pour t'épauler.
1 - Au fil du temps, être CLP c'est devenu un métier à part entière pour certains. (Pour rappel un CLP c'est environ 60 % de la pagination d'une édition de la PQR, pages locales et sports)
2 - Merci mesdames, messieurs les journalistes et pigistes de prendre conscience de ce fait. Sans les CLP pas d'informations locales, moins de lecteurs, plus de publicité, perte d'emploi, licenciement et direction l'ANPE. (attention, deux offres d'emplois refusées à l'ANPE = radiation ; et ce n'est pas dit que l'on vous proposera un job dans la presse)
3 - Les lecteurs sont en droit d'être informé des nouvelles de leur commune, sinon cela devient un déni d'informer. Ce qui est très grave dans une démocratie.
4 - Un CLP n'est pas un journaliste pour différentes raisons. Mais nous avons tous le même but, du moins je l'espère encore, informer le lecteur. C'est donc une relation gagnant-gagnant.
5 - Dialoguons, trouvons des solutions qui conviennent à tout le monde (Éditeur, journalistes, pigistes, CLP et lecteurs)
Cordialement.
Bernard DAGORN
Ecrit par : Bernard DAGORN | 26.04.2008
Puisque çà dort , je vous en raconte une bien bonne.
Chacun avait une idée fumeuse sur la place des pigistes dans ce journal. Devaient-ils remplacer les « pros » en leur absence, ou bien jouer un rôle de complément seulement? Bref, comme chacun avait une brillante idée sur le sujet, quand Achmil le chef partait en vacances personne ne nous appelait plus.
Après avoir obtenu de nous une collaboration assidue et exclusive, nous dissuadant d’envisager toute autre activité de complément, Monsieur partait en vacances sans laisser la moindre consigne à ses collègues nous concernant si bien qu’on ne se rendait compte qu’au bout d’une semaine que le rythme ralentissait, tant le Lundi on espérait un appel le Mercredi, que le Jeudi serait chargé ou bien que…Quand en fin de semaine, manquant d’air je montais aux nouvelles, Achmil était rentré de vacances.
Et moi je m’endettais un peu plus à l’URSSAF.
Je mis bientôt un truc en place pour ne plus être surpris.
Quand Achmil partait en vacances, la relève était assurée par Buchmil. Son journal était d’une telle médiocrité, d’un tel ennui, d’un tel désintérêt, qu’il était reconnaissable entre mille. Dès le Lundi, je repérais la nuance et je partais attendre le retour du « chef » …en vacances. Sacré Ashmil.
Ecrit par : blogblog | 05.05.2008
Suite...
Mais un jour, Ashmil s’est cassé la jambe au foot. Trois mois de plâtre. Trois mois de Bishmul.
Lui, son truc, c’était de pas appeler les pigistes pour quelque raison fumeuse. Il préférait attendre qu’ils viennent d’eux même chercher du travail à la rédaction. C’était plus sympas, plus humiliant, tout ça.
Moi pour que je m’humilie, faut se lever de bonne heure. Je laisse ce soin aux autres, on peut leur faire confiance. Autrement dit je ne suis jamais monté à la rédaction. Pas une seule fois. Je me contentais à priori du travail fixe du week-end.
Je voyais déjà Bishmul jubiler. Pas si bête.
On m’avait confié un peu avant la page « Psychologie », qui consistait en trois photos hebdomadaires. La plupart du temps je passais une journée pour ce travail. Mais en ces périodes de crise je passais alors une journée par photo, soit trois jours par semaine, à quoi s’ajoutaient les deux jours de week-end. 5 jours en tout. J’ai fait mes meilleurs mois pendant la convalescence d’Ashmil. Le temps que mon ami trouve une parade et c’est Ashmil de retour qui validait mes notes de frais.
Bishmul si tu me lis…
Ecrit par : blogblog | 12.05.2008
J'ai pondu un article sur les clp dans "la voix des allobroges" un trimestriel savoyard. envoyé moi un mail et je vous l'envoie
sylvain
Ecrit par : POUJOIS | 25.05.2008
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